lundi 4 janvier 2010

Mon premier Noël d'expat

J’avais pour plans de passer les vacances avec Khara à Morondava, sable et baobabs, on voulait partir le 25, tant pis si le jour de Noël serait sur les routes, après tout, un Noël d’expat c’est aussi ça! Mais c’était sans compter sur Aurélien qui me dit :
« On fait Noël Medair à Antsirabe!
- Sympa, avec Khara on a prévu de partir à Morondava
- C’est une sorte de tradition le Noël Medair…avec tous les expats….
- …
- Donc ça serait bien si tu étais là…. »
Bon d’accord…. ok pour un Noël Medair, sans Harm et Hanneke qui ont terminé leur contrat et qui sont rentrés en Hollande pour passer les fêtes en famille, ni Henk, qui lui aussi voulait passer les fêtes en famille, mais avec Yves-Pascal et Noémie (suisses), Eric et Noémie (suisses) et Audrey et Aurélien (suisses), chez Betty (suisse) je serai donc la seule française.. mince je n’ai pas de drapeau tricolore à emmener là-bas…. Mais à force de travailler avec des suisses il m’arrive de prendre parfois quelques intonations, et je maitrise l’art du « natel », de la « panosse », et des « septante, huitante, nonante »…, je laisse donc volontiers mon identité de française de côté.
Au menu du 25……Fondue !!!, bien sûr…..
Les derniers jours avant Noël ont été durs, un bon gros dernier coup de collier pour terminer l’année et préparer la suivante.




Le dernier vendredi nous avons fêté Noël avec l’équipe de Medair Tana :
Brochettes, atelier dessins et pâtisserie pour les enfants et partie de Jungle Speed pour terminer.



Amaël était là, bien sûr, petit prince confortablement installé dans le canapé,

Avo et Ranto, les petits enfants de Sahondra, en plein coloriage

Rencontre entre les 2 cousins Medair:
Sitrakiniaina et Amaël sont nés le même jour, et quel jour, le 09.09.09 !!

Petit à petit l'équipe est arrivée, chacun accompagné des enfants et conjoints

Atelier patisserie, Tsiory, au premier plan, et Annick se sont bien appliqués tandis que Mickael était pressé de faire plein de petits gâteaux, c'est rigolo de faire des formes différentes avec les emporte-pièces !


Sahondra et My, responsables des brochettes

Une chose est sûre, les petitous trouvent toujours des bras pour s'occuper d'eux...

Ambiance bon enfant, pendant que Nirina s'occupe de son fils, Tsiory rigole avec Andry, son papa, et Tovo.

Pendant ce temps les filles à l'intérieur papotent et grignotent: les femmes de Andry et Tovo, puis Landy et Nicole

La maman de Sitra, en pleine conversation avec Amaël

Explication du Jungle Speed

Quand je suis rentrée chez moi l'équipe jouait encore, et ça rigolait !


NOEL

Après avoir récupéré non sans mal mes collègues de Maro, nous avons mangé ensemble le 24 au soir, petit souper simple mais festif, et le 25 au matin nous avons pris la route d'Antsirabe pour rejoindre les 3 A chez Betty.

Photos prises sur la route, les rizières sont en pleine maturation:










Après quelques débats bien argumentés entre Yves-Pascal et Aurélien, sur la manière de préparer la fondue .. avec ou sans oignons :

- Oh sans ! Sacrilège !!
- Oh non, avec, ça relève le goût!
- Oh non, ça le massacre au contraire!!!
- Mais non !! Pas du tout, tu verras, tu goûteras et tu deviendras un adepte !!
- Ah ça, JAMAIS !! ...mais je veux bien goûter... par curiosité...

à quel moment tu mets quoi, type de fromage, etc etc....on ne rigole pas avec la fondue, c'est un sujet TRES sérieux !! si si ...Bref, quel que soit le type de fondue, on s'est régalés.

Ensuite on a chanté quelques chants de Noël, y compris en malagasy, puis est venu le temps des petits cadeaux. On avait tiré un nom au sort, et on avait pour consigne de faire ou un cadeau sympa, ou un poème, ou un rigolo. J'ai bien sûr opté pour le rigolo...j'ai été la seule.... Mais ça ne nous a pas empêché de délirer, Noemie et Yves-Pascal lançant un gage avec les cadeaux. J'ai reçu un joli sac en raphia, et mon gage a été de défiler avec.....of course...


Avant de prendre le taxi brousse, nous sommes allés nous balader dans les environs d'Antsirabe, avec Khara, Eric et Noemie.

Nous sommes allés au lac Tritriva, et un vieux malgache sur place nous a dit que ce lac faisait 146 m de profondeur, qu'il avait été découvert en 1446. Un couple d'amoureux ayant interdiction de se marier, parce qu'ils n'appartenaient pas à la même classe, s'y seraient cachés pendant longtemps, puis se seraient noyés volontairement. En 1946, un chinois essaya de traverser le lac mais on n'a jamais repêché son corps. On adore entendre les légendes malgaches, mais j'avoue que ce jour là nous avons déliré sur le nombre 46.... Eric et Noemie s'y sont baignés en prenant soin de ne pas se faire attraper les pieds par le chinois....

Qu'on croit ou non aux légendes malgaches, ce lac reste sacré. On a le droit de s'y baigner, sauf si on a mangé du porc durant la journée. Dans ce cas c'est fady (tabou), on n'a pas le droit d'accéder au lac. On y fait des sacrifices, on vient en famille pour demander aux esprits d'exaucer nos voeux, on sacrifie un zebu dont le sang s'écoulera dans le lac puis, lorsque le voeu est exaucé, on reviendra avec des offrandes pour remercier les esprits.

Il parait que vu du dessus le lac a la forme de Madagascar.
Un hélico, s'il vous plaît! Je voudrais bien voir cela!
L'eau de ce lac ne stagne pas, elle communique par des voies souterraines avec un autre lac situé plus bas dans la vallée. En tout cas elle était bonne, et belle, ça nous a donné envie de revenir durant un week end faire quelques plongeons du haut des rochers.



DIRECTION MORONDAVA

On devait prendre le taxi brousse à 15h avec Khara, pour partir sur Morondava, entre 10h et 12h de route, de nuit, pour éviter de rouler par fortes chaleurs. Le temps que tout le monde arrive, que le chargement se fasse, on part vers 16h, juste une heure de retard, c'est bien. On avait réservé 3 places pour 2, pour avoir plus d'espace.
On s'installe, on part, on roule, vite. Personne en face, ça tombe bien....
On croise un taxi brousse.....mal en point....plus de pare-brise, plus de fenêtres, cabossé....ok, celui-là a atterri dans un ravin....
Devant nous dans le taxi brousse, quatre hommes, serrés comme des sardines...normalement les rangs sont prévus pour 3 personnes...Derrière nous, un homme avec 2 femmes et 2 enfants qui ne devaient pas avoir plus de 2 ans. Qui braillent. Un rang derrière, d'autres malgaches.
Dernier rang, un troupeau d'ados surexcités au nombre de ..... 3.... Sérieusement, on aurait dit qu'ils étaient 15.
Le temps passe, on écoute de la musique, on admire le paysage, puis la nuit tombe. On essaie de s'endormir entre les cris des ados, les pleurs des petits et les soubresauts. A un moment on sent que le taxi brousse s'arrête. Du bruit dehors. Des travaux en pleine nuit sur la route, avec un éclairage plus que limité... Lampe à pétrole et bougies je suppose?
On arrive à voir que nous sommes arrêtés sur un ponton....et qu'il y a des hommes qui finissent de le réparer et de le consolider.....ok....le pont devant? En pleine réparation aussi. C'est vrai, un pont sur la route de Morondava s'était écroulé quelques jours auparavant. Bon ben voilà, on est dessus! Après quelques minutes d'attente on traverse le tout, guidés par les ouvriers. On repart. On essaie de se rendormir.
Quelques heures plus tard, on roulait toujours, je demande l'heure à Khara, bizarre, toujours pas de pause. Finalement l'attente aura été trop longue pour les petits derrière nous, qui se feront pipi dessus, à quelques minutes de notre pause, à Miandrivazo.... génial....Pauvres petitous, 5 heures de route c'est dur de se retenir. On profite de cet arrêt pour essayer d'appeler un hôtel à Morondava, on n'avait pas eu de succès jusqu'à présent. On arrive à avoir quelqu'un, on avertit qu'on arrivera de très bonne heure, pas de soucis. Pause pipi nous aussi? Oh oui! On ne sait pas s'il y aura encore une pause avant Morondava, alors je préfère prendre mes précautions. On entre dans une gargotte, on commande quelque chose à boire, on obtient une petite bouteille pour 2 d'un soda que nous n'avons pas commandé....tsy maninona (c'est pas grave)...Je demande où sont les toilettes, difficile aussi de se faire comprendre, on n'est plus dans les Hautes Terres, le dialecte n'est plus le même. Quand enfin la jeune fille a compris, elle me demande de préciser si c'est juste pour faire pipi? Parce que sinon ce n'est pas le même endroit. Elle me guide derrière la gargotte, dans un petit chemin sombre, et me montre des latrines, une avec porte mais condamnée, l'autre sans porte, mais vu le manque d'éclairage, ma fatigue et mon envie pressante...tsy maninona. Je tatone, enfin...des yeux seulement. On va dire que j'étais au bon endroit...on va le supposer, je ne sais pas trop si c'étaient de vraies latrines...on aurait plutôt dit un vieux cabanon, dont je n'ai pas franchement pu trouver le trou....
Bref, on repart, je n'arrive pas trop à dormir, Khara s'endort sur mon épaule, les ados hurlent toujours...
Vers 5 heures du matin on arrive enfin à la station de taxis brousse, on est épuisées, les ados sont toujours surexcités. Les femmes et les 2 petits sont descendus à l'arrêt précédent. On récupère nos bagages, on négocie un taxi, et on part.
Aiza? Amin'ny Trecigogne!
Au bout de quelques mètres notre taxi demande son chemin à des passants.....fiou...on n'est pas encore arrivées. Finalement, on trouve la Trecigogne, le gardien nous attendait, on entre dans notre chambre, la chaleur est étouffante, on met en route le ventilo....qui n'a de ventilateur que le nom. Tsy maninona! On saute de nos habits, on les largue gentiment dans un coin, après 13h de taxi brousse, chaleur, transpiration, et ... morve sur la manche de mon polo....trop cool...pendant le trajet les mamans et petits s'endormaient comme ils pouvaient, y compris un peu sur mon épaule....
Douche, dodo, et repas de midi à la Trecigone, de la terrasse qui surplombe le canal on aperçoit des pirogues et autres bateaux.



MORONDAVA, VILLE SINISTREE

Dans l'après-midi, petite balade dans Morondava.

La ville est sale. Des ordures trainent partout, il n'y a pas de bacs comme à Tana. L'an dernier Morondava a été touchée par une depression tropicale, Fanèle, qui a laissé pas mal de séquelles. En général c'est rare qu'un cyclone s'abatte sur la côte ouest, les inondations sont plus fréquentes. Vu que les cyclones arrivent par l'est normalement ils perdent de l'intensité dans les terres, provoquant des inondations sur son passage, mais Fanèle est ressorti de Mada pour revenir et a touché Morondava et Belo Sur Mer. En nous promenant on a vu beaucoup de bâtiments abîmés et délaissés. Je ne sais pas si c'est uniquement à cause de Fanèle, en tout cas c'est dommage, Morondava pourrait être plus agréable avec un peu d'assainissement, et d'entretien. Et quelques notions d'hygiène aussi. Comme dans beaucoup de villes côtières les gens se servent de la plage pour faire leurs besoins, rendant celle-ci inutilisable, sauf pour certains qui ne voient pas d'inconvénient à se baigner.













Un peu plus en ville, on cherchait notre route, nous sommes passées devant différentes institutions, bâtiments publics, anciens ou nouveaux.




Chose très drôle, les chèvres ont traversé la route principale de la ville, mais....elles ont laissé passer une voiture avant de traverser. Je vous assure, je n'en revenais pas! J'ai vu la voiture arriver, les chèvres au croisement, et elles se sont arrêtées, la voiture est passée, et elles ont traversé, vé-ri-di-que !!

La plage de Morondava....quel dommage....


Les pêcheurs et vendeuses de poissons défilent régulièrement


LES BAOBABS !!

Nous sommes parties vers 15h, pour voir le coucher de soleil sur les baobabs.... je ne dis rien de plus, ça se passe de commentaires...











Le fruit du baobab.
Le jus n'est ni trop sucré, ni acide, ni amer. C'est pas mal, un goût assez léger, ne ressemblant à aucun autre fruit, de couleur blanche un peu transparente.










Tombeaux de membres de la tribu des Sakalavas.
Cette tribu est celle dont j'ai parlé dans mon message de Diego, c'est celle qui a le plus résisté aux Merina, tribu des Hautes Terres qui estimait que seule sa tribu était la plus digne de Madagascar, et qui voulait éradiquer les autres.



Les Baobabs amoureux.
Une légende ici. Personne ne peut expliquer le phénomène, on sait juste que c'est "naturel".


BELO SUR MER


Après avoir vu les Baobabs, direction Belo Sur Mer. A 70km au sud de Morondava, en cette saison Belo n'est accessible que par bateau. On cherchait des renseignements et un groupe se trouvant dans le même hôtel voulait partir en même temps que nous, on s'est regroupés pour baisser les frais. Nous étions donc 7 passagers et le piroguier à partir ce matin là, rdv à 5h avec juste un petit sac à dos, on doit laisser nos affaires à l'hôtel. On part en pirogue à balancier à moteur. Francis (le piroguier) nous avait dit qu'on en avait pour 2h30. Pour 70km et un moteur de 15cv, on avait quelques doutes.... Après 5h30 de traversée on arrive à marée basse, on saute de la pirogue, la chaleur nous tombe dessus, lourdement. On marche dans les algues pour rejoindre la plage, et aïe !! je marche sur quelque chose, j'espère que ce n'est pas un oursin....


On se pose au "Corail", tenu par Tantine, qui nous montre ses bungalows. Le groupe des 5 en choisit un grand donnant sur la mer, mais les autres sont plus à l'intérieur, sans air.... On finira par choisir un autre endroit avec Khara, un bungalow donnant sur la mer un peu plus loin.

Tout en attendant le déjeuner, improvisé, bien sûr, Tantine n'attendant pas de touristes, ce n'est pas la saison, nous comtemplons le paysage, buvons une bière pas franchement fraîche.

La chaleur nous cloue sur place. Il est environ 15 heures quand le repas arrive. Pas de chance, notre poisson n'est plus très frais, on va s'abstenir et s'en tenir au riz. Belo Sur Mer se fait ravitailler par bateau pour tout (sauf le poisson...bien sûr). Pas de fruits, ni de légumes, rien ne pousse, à part quelques papayes, et encore.... Même le riz cultivé n'est pas suffisant, il faut en apporter de Morondava.
On s'installe dans notre bungalow, sieste ! Le vent venant de la mer fait du bien. En fin de soirée on papote avec les tenanciers de "l'hôtel". On apprend que la douche est alimentée par pompe le soir, mais qu'on peut avoir de l'eau via le puits si besoin est dans la journée. Oh la classe! on a une vraie douche, je m'attendais au seau et au gobelet. On se renseigne pour les repas, on comprend vite que ça les ennuie de cuisiner, ok, on va aller se restaurer ailleurs, tsy maninona. Et pour le petit déjeuner? Là aussi visiblement ça posait problème, bon... on peut avoir du thé, nickel, un peu de pain, formidable, et du miel local, top, "mais on n'a pas de beurre alors ça sera de la Vache Qui Rit"... OK! Premier petit dej, je teste la Vache Qui Rit tiède / miel sur un morceau de pain. Il faut savoir que rien ne peut véritablement être frais. Il n'y a pas d'électricité à Belo, il n'y a donc pas de véritable réfrigérateur pour tenir les aliments au "frais". Il en existe quelques uns, alimentés de temps à autre par générateur. Tant que la porte du frigo reste fermée, la fraicheur reste. Disons que par rapport à la chaleur extérieure, (le sable est brûlant dès 9h du mat'), c'est frais, mais ça serait considéré à température ambiante si la chaleur était un peu moindre... (j'espère être compréhensible...) Bref.
On profite de notre matinée pour voir quelques boutres, avec Luc, le malgache qui tient le restaurant qui sera notre cantine durant tout notre séjour.


Les boutres
Les boutres sont des bateaux marchands de grande capacité, qui effectuent la liaison Tulear au sud de Mada / Morondava.



Coque de boutre terminée.
Une fois cette étape franchie, le bateau est mis à la mer, et le village fête cette occasion à chaque fois qu'une boutre est arrivée à ce stade de réalisation.

Les planches sont modelées et assouplies à l'huile de vidange puis assemblées. Les interstices sont colmatés par des mèches de chanvre recouvert de goudron




Quelques photos en vrac:


Notre bungalow


La rue principale




Sur la plage les pirogues sont garées comme on gare sa voiture sur un parking


L'îlot de sable

Le 31 au matin, départ de bonne heure pour aller sur un îlot, nager et admirer le corail. La traversée n'a pas été longue mais elle m'a paru interminable, la voile me cachant la vue....j'ai le mal de mer...Pour venir à Belo, pas de soucis, il y avait du vent et peu de vagues. Cette fois c'était une pirogue à balancier traditionnelle, à voile, donc quand il n'y a pas de vent mais qu'il y a un peu de vagues...ça tangue...et sans vue....le mal de mer arrive assez vite. J'ai du demander à me déplacer devant la voile, j'ai joué les équilibristes pour ne pas tomber à l'eau, mais je me suis sentie mieux après!!


Inutile de préciser qu'avec un paysage comme celui-là on oublie vite son mal de mer.... Pour éviter que l'on crame au soleil les 2 piroguiers ont défait la voile, et planté les 2 mâts et les pagaies dans le sable et ont attaché le tout ensemble pour faire une tente.....


Nos meilleures heures à Belo....on a contemplé les fonds marins, on s'est baignées, farniente sous la tente...puis il a fallu rentrer à Belo avant que la mer ne devienne trop agitée.

Nous avons donc laissé ce paysage de rêve pour retourner à Belo, fêter le 31 décembre au resto avec les 5, Martha et Gab, Laurène et Jeb, Bénédicte, et Luc, puis nous sommes allés danser dans un bar avec des malgaches. On a assisté à un kilalaka, danse traditionnelle malgache, qui se danse en rond et à la queue leu leu, le premier lance un mouvement que les autres suivent et ils dansent en tournant en rond. Dis comme cela ce n'est pas très explicite, mais il faut en voir un vrai pour apprécier. On a passé un bon réveillon, sans folies, avec les gens du village, qui venaient spontanément nous dire "Bonne Année!" Ou "Tratry ny taona!"
Le lendemain, 1er janvier, le village était encore en fête...musique à fond, ils ont nettement fait diminuer leur stock de bières....Nous sommes restées tranquillou, à bouquiner, de toute façon on était un peu coincées, on n'aurait pas pu prendre la mer, il y avait peu de personnes sobres dans le village....On a voulu ce matin là prendre un petit dej, mais c'était pas possible....Ok, on s'est rabattues sur des biscuits, dont certains à moitié fondus, accompagnés de .... Coca....oui, on en a bu des litres pendant ces jours, le Coca étant plus accessible que l'eau en bouteille.... je suis vaccinée pour un petit moment...
Le 2 janvier au matin, retour à Morondava. Départ à 4h, pour être sûres d'avoir notre avion à 13h. Sur la plage on en croise encore qui n'ont pas désaoûlé, à vrai dire je pense que les villageois auront bu tout le week end jusqu'à épuisement du stock.
Pour le retour, Francis nous avait dit que ça irait plus vite qu'à l'aller car on allait bénéficier du vent du sud....Super!

Faux: Vagues + vent de travers = 7h30 de pirogue...et mal de mer...

Au début ça allait, je pouvais aider à écoper, on rigolait, on papotait, on se faisait tremper....pas mouiller, tremper.... Les fumeurs avaient du mal à allumer et garder une cigarette sèche. On écope, on arrive à presque vider la pirogue et là....une énorme vague nous tombe dessus...

"Euh c'est pas du jeu, là!"
Et Gab rigole.
Les filles écopent, les garçons s'occupent de la ligne de pèche....qui prendra une algue....c'est tout. Au bout d'un moment je commence à me sentir mal, moins de vent et plus de balancements de la pirogue. Laurène me dit de ne plus écoper, mais je voudrais bien l'aider.....sur les 7h30 elle a du écoper....6h00 je pense....
"Oh j'ai mal au dos!"
Tu m'étonnes.... elle finira assise dans la pirogue, à balancer l'eau par dessus son épaule.
On arrive enfin en vue de Morondava. Le soleil est bien haut dans le ciel, je doute fortement qu'on puisse avoir notre avion. On approche de la passe, et...marée basse...on a donné notre part en vitesse aux 5, pas le temps vraiment de leur dire au revoir, on saute de la pirogue dans l'eau, de toute façon on est déjà trempées, on court sur le sable brûlant, je demande mon chemin à des malgaches, mauvaise direction bien sûr.... (on n'a pas le même sens de l'orientation...), Khara repère les lieux mieux que moi et on change de direction, on court, je redemande la direction de la Trecigogne à des femmes ébahies de nous voir passer, elles nous indiquent le bon chemin et nous demandent d'où on vient....
On arrive à la Trecigogne, il est 11h30, j'arrive essouflée, épuisée et paniquée à l'idée de louper l'avion (Ah bon?). Je voulais rentrer chez moi. Après 7h de pirogue je rêvais de retrouver mon chez moi, dans la pollution et les odeurs de la ville. Un couple qui avait commandé un taxi pour aller aussi à l'aéroport prendre un vol autre que le nôtre nous laisse leur taxi, trop sympa, merci, on récupère nos affaires en vitesse, on fonce à l'aéroport....

"Mais l'avion était à midi, mesdames!"

Quiproquo dans les horaires.

L'avion était bien à midi....on leur explique qu'on arrive de Belo, et de toute façon vu notre état ça ne pouvait qu'être vrai! Je comprends en les écoutant que l'avion que je vois sur le tarmac part sur Tana, je leur demande si on peut monter dedans: "Non c'est un affreté celui-là"....
Là, je dois bien avouer que j'ai laissé Khara gérer....Heureusement pour nous il y avait un vol le lendemain (dimanche), nous avons été enregistrées sur ce vol, et gratuitement! Attention...je vais dire quelque chose que je n'avais jamais dit auparavant : MERCI AIR MAD !!

On est restées donc le samedi après-midi à la Trecigogne, farniente et lecture, puis vol le lendemain matin de bonne heure pour Tana.

Mais c'était bien, les vacances avec Khara, on repart quand tu veux !


Arrivées à Tana, première chose : UN P'TIT DEJ !! et des fruits et des légumes. Beaucoup! Et le premier qui nous parle de Coca...on l'étripe!!!

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