« Quoi ? Encore des vacances ? Eh ben….c’est dur la vie d’expat ! »
Pour votre info, bande de mauvaises langues, je n’ai pas tant de vacances que cela, et si je ne mets pas mon blog à jour en parlant de mon travail, c’est que je ne pense pas que cela passionne grand monde de voir des photos de feuilles de dépenses, de demandes d’achats de tuyaux, de cartons d’archives, de bureaux ensevelis sous des monceaux de papiers à envoyer au siège, de contrats d’embauche, de Code du Travail et des Impôts, de « To Do List » longues comme mon bras….
Sinon, je fais volontiers des photos de tout cela !!!
Après une période d’absence de 2 mois et demi de mes collègues Audrey et Aurélien durant laquelle ils sont devenus parents, je suis partie en Suisse pour un séminaire de travail sur la logistique. J’ai rencontré mes plus ou moins homologues des autres programmes Medair, et je vous passerai les détails, mais nous avons échangé plein d’informations, parlé de nos expériences logistiques sur le terrain.

Une semaine au froid puis retour à Tana pour une nouvelle semaine de séminaire, cette fois interne Medair Madagascar, pour discuter de nos projets, des possibles urgences de cette nouvelle phase cyclonique, etc…Durant toute cette période il a fallu en plus préparer notre audit, réunir les documents nécessaires, répondre aux questions….
(Audrey et Amaël, saoûlé par tant de blablas de grands...ou fatigué d'avoir têté, c'est comme chacun veut)C’est donc ravie que j’ai pris mes vacances !!
Pourquoi La Réunion ?
C’est quand même magique internet…Il y a quelques mois j’ai reçu un mail d’une copine de lycée, Maelle, que je n’avais pas revue depuis huit ans.
« Coucou, qu’est ce que tu deviens ?
- Tout ça, et toi ?
- Pareil »
Elle m’a dit qu’elle passerait par La Réunion avant d’aller s’installer en Nouvelle Calédonie. J’avais des vacances à programmer, pourquoi pas ?
Hop, deux heures d’avion et c’est parti pour l’aventure !
Au programme : Au moins une randonnée, éventuellement du canyoning, et puis un peu de plage. On nous avait dit « vous verrez les Cirques sont magnifiques, il y a des plages sympas, il y a beaucoup à faire ici ».
J’ai d’abord passé un petit peu de temps dans St Denis, voici quelques photos de la ville:












Le Japan tour
Un matin nous sommes parties avec Maelle à la gare routière pour demander des renseignements sur ce qui peut être intéressant à voir. Après discussion avec des agents très sympas on s’est entendues pour un tour de l’île en bus. On peut faire le tour de l’île en bus en une journée !! Nous étions parties un peu tard le matin….donc on a enchainé les bus, un vrai programme de japonaises, l’appareil photo à la main…. On a fait un arrêt à St-Pierre, pause sur la plage. Bien sûr je n’ai pas pu m’empêcher de prendre des photos de l’Ocean…Oui mais la couleur est tellement belle…



Bref, remontons dans le bus. Nous sommes parties de l’ouest de l’île pour aller vers l’est et retour donc à l’ouest. A l’est il fait beaucoup plus humide, cette partie de l’île est beaucoup plus exposée aux éléments marins que le reste de l’île. Il a plu, donc les photos sont assez restreintes…mais la végétation diffère de l’ouest. Le bus commençait à se vider (nous n'étions plus que 3 passagers...) et pour essayer de prendre des photos nous nous sommes rapprochées du conducteur avec lequel nous avons commencé à papoter. Assises au premier rang la vue est nettement plus intéressante ! Nous sommes passées sur un flanc de l’île encore marqué par des coulées de lave, le chauffeur a ralenti quelque peu pour que je puisse prendre des photos. Finalement c'était cool, une journée de bus, on a vu plein de paysages différents, sur une courte période, d’accord, mais c'était sympa.








Avant de partir A&A m'avaient confié la "mission" d'aller manger une glace à l'Igloo. Mission acceptée, exécutée et pleinement accomplie...Maelle m'a un peu aidé, ce Banana Split était vraiment trop gros....
"Oh la faux-cul!"
Non, je vous assure...

La randonnée infernale...
Sur la proposition d’une amie de Maelle, Célie, on se programme une randonnée. Je ne suis pas une grande fan des randonnées en montagne, mais ne pas en faire au moins une à La Réunion, c'est un peu bête.
« Non mais tu sais Maelle, je marche mais je ne suis pas une grande randonneuse…
- T’inquiète, Célie non plus, elle ne fait pas beaucoup de sport »
OK…
Pour ceux qui connaissent La Réunion, Célie nous a dit qu’on partirait dans le Cirque de Mafate, en commençant par le Maïdo.Première journée : à peu près 5 heures de marche. On dormirait sur place et on terminerait par une randonnée de 3 heures le lendemain.
Nickel. On prépare donc nos affaires pour une nuit et 3 repas.
Célie nous dit : « C’est pas la peine de prendre vos sacs de couchage car là où on va dormir il y a tout ce qu’il faut. Pas besoin de tentes non plus, on prend juste nos affaires et de quoi manger. Par contre il faut que j’emmène des matelas que je donnerai à Yanis pour son treck (son homme, guide de montagne), on va le rejoindre. » OK…

Nous partîmes fièrement samedi en milieu de matinée, chargées comme des mulets mais motivées à l’idée de découvrir de superbes paysages dont on nous avait longuement parlé les jours précédents… « Tu verras, me diront Fanny et Antoine, des amis de Maelle, c’est dur mais les paysages en valent la peine, tu oublies tout une fois devant »….
On commence à grimper un peu et Célie nous dit gentiment « Surtout les filles n’hésitez pas à demander des pauses »....non mais ça va aller, Célie….T'inquiète...


A l’entrée du chemin elle nous dit « Bon alors il faut faire bien attention quand vous marchez car là ce n’est que de la descente pendant environ 2 h, donc attention où vous mettez les pieds »

On papote, on rigole, je fais plus ample connaissance avec Célie, on double un groupe de randonneurs, on échange trois mots avec eux, c’est sympa les randonneurs ! On en croise des concentrés en pleine remontée, le visage crispé par l’effort, on en croise d’autres à l’aise en remontant, une vraie promenade de santé ! On descend quand même de 1000m….déjà la descente…mais alors la remontée… je préfère la descente…du moins jusque là…Plus tard, Maelle se tord la cheville…. « Ca va ? » « Ouais ouais » on continue…

Nous arrivons à Roche Plate pour le déjeuner, on se pose pour reprendre des forces. Les jambes sont lourdes et les musclent commencent à se manifester mais ça va. Le grand groupe doublé plus tôt nous rejoint, on leur cède la place, et nous repartons joyeusement, plus que 3 ou 4 heures de marche, top, on va arriver avant la tombée de la nuit.



Quand nous sommes parties il y avait quelques nuages, mais au fur et à mesure que nous descendions la vue se bouchait un peu plus ....bon c'est pas grave, on a joué à cache-cache avec les montagnes, mais quand nous avions la "surprise" de voir un coin dégagé, c'était beau! Au moins nous n'avons pas trop chaud...ni de pluie...
Environ une heure de marche plus tard, Maelle se bloque sur une jambe, provoquant un déséquilibre, mal compensé par la cheville de l’autre jambe, cheville qui se tord à nouveau et elle atterrit lourdement par terre, appuyée au sol par le poids du sac… Bon ben on va faire une pause! Son genou est écorché mais rien de grave, quelques gorgées d’eau, des dattes, et on repart ! Nous sommes plus fortes que cela !!
(Les dattes, c'est efficace en cas de coup de fatigue...et là on dit "Merci Môman!!")



Nous continuons à marcher, les paysages sont effectivement magnifiques (entre 2 nuages), mais la fatigue commence à se faire sentir. Nous arrivons au croisement pour les 3 Roches et Célie voit son homme plus haut.
Elle nous dit « Ah ben on se retrouve un peu plus haut je vais essayer de le rattraper »…et elle saute de marches en marches telle une gazelle …
Elle nous laisse littéralement sur place. J’appuis sur chaque jambe au fur et à mesure que je grimpe, Maelle a le souffle court, je regarde plus haut pour essayer de voir Célie...
Personne…
J’appelle « Célie ! » « Oui ? » « T’es où ? » « Là ! » …
Je monte, les jambes sont de plus en plus lourdes, je désespère de trouver Célie, qui continue de grimper "ze fingers in ze nose", je continue en maudissant ces centaines de milliers de marches en pierre ...
Non mais ce sont des géants qui ont fait ces marches ou quoi? et je trouve enfin Célie….sans Yanis…. « Ben il où ? »
« En fait il ne nous a pas attendu, comme il est avec un groupe il a continué d’avancer, je ne l'ai pas vu.»
Maelle arrive, on fait une pause, besoin de reprendre notre souffle et de reprendre des forces. Un magasin de pièces de rechange pour le corps, ça n’existe que dans les films et les dessins animés, c’est dommage…là tout de suite je me serais bien vue aller dans un SAV pour demander des jambes de rechange.
Cela faisait plus de 5h que nous marchions, et nous n’étions pas encore arrivées…. Après de nouvelles gorgées d’eau, et ingurgité dattes et barres de céréales, nous repartons. Le paysage est toujours aussi beau mais notre motivation est sur la pente descendante.... Nous croisons des randonneurs qui ont croisé le groupe de Yanis, ils ne sont qu’à un quart d’heure devant nous. Cool! Une sorte de soulagement m'envahit à cette pensée. Mes jambes sont de plus en plus douloureuses et les descentes me font peur. Mes jambes tremblent et me mettre en appui pour descendre me demande un effort physique et une concentration particulière. Je n’ai plus envie de faire de pauses, je veux juste avancer pour arriver.


Nous traversons un tout petit cours d'eau et j'entends ce qui à mes oreilles, m'évoque de la vie pas loin...."Miaou!" Oh.....L'est mignon tout plein, toi! Il pourrait te manquer 1 patte, tu pourrais avoir la gale et des balafres plein la tronche que tu serais adorable! Elle est où ta maison? Cela veut-il dire que nous arrivons près du but?
Réponse: non.....chat sauvage... Argh!
Nous continuons notre chemin, de toute façon il ne fait pas encore nuit, donc autant avancer.... Ah trop bien....de la boue..."Euh les filles, passez pas par là" dira Maelle, les baskets maculées.... On continue et la fatigue me pesant je ne suis pas de super humeur, je m'en veux de ne pas arriver à avancer plus et de ressentir autant de douleurs dans les muscles, ou ligaments....ou...enfin tout depuis les pieds jusqu'aux lombaires, quoi...


On arrive enfin à notre dernier point de repère avant le chemin qui termine notre randonnée. Nous avons marché plus de 7 heures. Il fallait traverser un lit de roches et d'eau, l'endroit nous a paru sympa pour s'arrêter, je veux dire stoper, arrêter, vita ny fitsangatsangana, feu rouge, déposer les armes, armistice, tout ça....

Je vois d'autres randonneurs qui eux plantent la tente entre les arbres, le reste c'est de la roche plate. Certains préparent de quoi se restaurer, d'autres trempent leurs pieds dans le cours d'eau froide, haaaaa que j'aimerais pouvoir faire la même chose....mais non, Célie nous a dit que nous ne sommes plus très loin, et puis de toute façon nous n'avons ni tente ni sac de couchage.... Je voulais prendre des photos un peu plus près de cette cascade, mais même après avoir posé le sac je me sens trop faible, les jambes tremblent trop et il ne serait pas prudent du tout de s'avancer. Je pense à un moment à ramper pour arriver au bord de la roche, mais je sais que si Celie me voit faire cela elle fera une crise cardiaque, et de toute façon je tremble tellement de partout que je ne veux pas non plus prendre le risque de perdre mon appareil photos (des pensées bassement matérielles à un moment pareil....Mathilde, tu dérailles!)
Le temps que Célie nous rejoigne, elle voulait passer par un autre endroit pour traverser le cours d'eau, Maelle et moi mangeons le reste de saucisson, entourées de 2 adorables chats qui viennent nous réclamer des petits morceaux. Ils sont clairement affamés....
"Même pas en rêve!"
Bon...on donnera quand même un petit bout...
Célie nous rejoint et nous dit "Bon alors ici ça s'appelle les 3 Roches, parce que...
"Célie...on s'en fout..."
"Tu nous promets que ce n'est plus très loin?"
Et là je me revois dans la voiture étant gamine "Dis c'est quand qu'on arrive?"
On souffle un bon coup et on repart. On longe le cours d'eau et nous arrivons à un embranchement avec des marches en bois. On monte, on monte encore, et encore, et encore.....on redescend, et là...crise de panique, je suis agrippée aux roches et je ne peux pas descendre, j'ai trop peur, je suis trop fatiguée, j'ai trop mal, je craque. Maelle vient m'aider et Célie me voyant pleurer, craque à son tour quelques montées plus loin.
"Célie t'inquiète, ça va aller, je suis fatiguée, j'en peux plus, mais j'espère qu'on arrive bientôt.
- Ben c'est à dire qu'en fait je ne reconnais pas l'endroit..... "
Et là c'est elle qui panique.
Elle décide de nous laisser sur place le temps d'avancer juste un peu plus pour essayer de prendre ses repères. Maelle et moi attendons quelques minutes et on continue d'avancer, hors de question de nous séparer, la nuit commence à tomber. On finit par arriver près d'un autre cours d'eau et Célie est franchement perdue et inquiète, ce n'est pas du tout le bon chemin. A ce moment là le sens pragmatique reprend le dessus.
"Célie, tu sais, la nuit tombe, on a des vêtements chauds, de l'eau, de la nourriture, ici il y a un petit banc de sable abrité des roches, on va passer la nuit là, de toute façon je ne peux plus avancer et Maelle non plus. On stoppe là, on reprend des forces et on avise demain, ok?" Mais Célie n'est pas d'accord, on discute, on argumente, on refait le plein d'eau, et....un homme descend d'un sentier.
"Bonjour, excusez-nous, vous arrivez d'où?
- de Marla"
Clairement pas notre direction. On papote avec lui et à contrecœur je reprends mon sac pour retourner aux 3 Roches. La nuit est tombée et les sentiers sont escarpés. Nous redoublons de vigilance. Presque revenus à notre point de départ nous trouvons la bifurcation que nous aurions dû voir 2 heures plus tôt.
"Au fait, comment tu t'appelles?
- Christian
- Enchantée, moi c'est Maelle, voici Célie et Mathilde
- Tu t'es perdu toi aussi?, demande Célie
- Oui, mais là c'est bon, je dois prendre le même sentier que vous.
- Content d'être perdu et d'avoir 3 boulets en plus maintenant? ", lui dis-je
On rigole.
Je ne veux plus avancer, c'est catégorique. Célie me pousse, je refuse. En fait, passé 9 heures de rando de montagne j'ai de très nette tendances à devenir hystérique. J'envoie balader tout le monde, je ne veux plus rien entendre. Maelle me fait asseoir, on souffle, on boit un coup, je prends un carré de chocolat gentiment offert par Christian, je me calme. Et ils réfléchissent à voix haute avec moi. "Tu sais, si tu restes là, il risque de pleuvoir cette nuit...." "Maintenant qu'on a trouvé le bon chemin c'est sûr que dans 3 quarts d'heure, non disons plutôt une heure vu notre état, on sera arrivés à bon port"....Ok, on continue. On est parties depuis 10h du matin, 9 heures de marche, plus qu'1 heure pour arriver. Et on repart. On grimpe, on grimpe, on papote, on change de configuration, en fait je reste toujours derrière avec la petite lampe et Christian et Célie se relaient en tête avec une meilleure lampe. On monte des escaliers et on fait plusieurs petites pauses. A un moment le stade de la fatigue et de la douleur nous plonge dans un état de délire.
Maelle: "Christian t'es conscient qu'on t'a sauvé la vie? Sans nous tu serais perdu..."
On se raconte des bêtises, et on repart. Après encore une petite erreur de chemin, on arrive ENFIN à notre campement..... On se pose mais là c'est au tour de Maelle de craquer, sa cheville la fait trop souffrir, elle n'a qu'une hâte c'est d'enlever ses baskets et de s'allonger pour dormir.
Je demande à Célie d'accélérer le mouvement auprès de son homme que nous avons retrouvé au campement et Maelle va se coucher. Je bois un thé bien chaud et on nous propose de manger un peu mais je suis tellement fatiguée que je préfère aller me coucher tout de suite. Je salue tout le monde et je prends la pommade que nous propose gentiment Yanis. C'est vrai, j'avais pensé aux pansements, mais pas à la pommade au camphre. Je m'installe à côté de Maelle, je lui masse les chevilles avec la pommade, je masse mes jambes et la plante des pieds et on s'allonge côte à côte. Soyons honnête, nous étions des loques. Impossible de dormir malgré la fatigue....trop mal, les mouvements dans le lit sont évités au max, et là.... le truc qui tue....
Mathilde: "Oh non...
Maelle: Quoi?
Mathilde: Faut que j'aille aux toilettes...."
Et elle rigole, dans notre état un simple déplacement aux toilettes relève de la mission quasi impossible.... non parce que vous comprenez, il y a toujours quelques marches, se déplacer à plat est déjà très difficile....et puis...en tant que fille, la position aux toilettes est douloureuse.
On finit tout de même par s'endormir.

Le lendemain matin....je sens bien que mon corps est encore là.... ou je ne le sens plus, ça dépend....mais ne tout cas, je n'ai plus mal à la voûte plantaire....Trop bien... Je marche tel un robot, et je trouve Christian dehors.
"Salut, bien dormi?
- Oui et toi?
- ça a été
- Comment tu vas?
- Ben...j'ai mal partout et j'angoisse un peu pour la rando d'aujourd'hui.... et toi?
- ça va, j'ai récupéré
- Désolée pour hier
- T'inquiète, je sais ce que c'est, je me suis déjà retrouvé dans le même état que toi, j'ai mis une semaine à m'en remettre..."
Ha ben c'est rassurant....
Maelle nous rejoint, puis Célie ensuite. On mange un peu, on échange nos coordonnées avec Christian, sans qui, c'est plus qu'évident, nous ne serions jamais arrivées. Il repart.

Au bout d'un moment Célie m'avoue qu'elle a passé une grande partie de la nuit à discuter avec Yanis, il y avait eu quelques quiproquos à propos de la randonnée et tous deux s'en voulaient. La nuit était passée, on avait pu se reposer, j'étais prête mentalement à repartir....physiquement...beaucoup moins. Du coup... on nous a proposé d'être emmenées en hélico au sommet, là où nous devions arriver après 3 heures de grimpette. 3 heures théoriques, vu notre état....mais bon, je m'étais faite à l'idée de passer encore toute une journée dans la montagne pour une rando de 3 heures....on n'était plus à ça prêt.... On en a discuté, et Yanis a insisté... je n'ai pas mis longtemps à accepter, je dois bien l'avouer...
Un peu honte d'être "évacuée", mais j'avais repoussé mes limites physiques et je ne pouvais plus demander grand chose à mes jambes. Je tenais debout, pas longtemps certes, mais c'était déjà ça.
Ok, on décide de partir toutes les 3 en hélico. Il y en a souvent dans le Cirque de Mafate, c'est le moyen le plus rapide pour les habitants de se faire ravitailler. L'hélico qui devait venir nous prendre ne comprenait qu'une seule place passager, on irait donc chacune notre tour. On l'entend arriver, je prends de l'avance par rapport à mes camarades, Célie l'intrépide toujours en forme, et Maelle, dont la cheville était encore douloureuse mais ça allait. A l'allure de tortue je me dirige donc vers l'appareil mais Célie ne voulant pas trop faire patienter l'hélico monte la première dedans.
"On se retrouve en haut!"

L'hélico arrive et m'emmène.....là...
Elle est où Célie?
Maelle et moi avons été déposées dans la Plaine des Tamarins, car entre le moment où Célie est partie et celui où j'ai décollé avec l'hélico....les nuages sont tombés...impossible d'arriver au sommet....

Bon...nous v'là 2 randonneuses cassées sans notre guide au milieu d'une plaine que nous ne connaissons pas, et nous demandons notre chemin à d'autres randonneurs.... Et nous voilà reparties toutes les 2 à grimper pour théoriquement 1 heure avant de rejoindre le parking où devait nous attendre Célie. Maelle prend mon sac, en plus du sien.
Tortue-double-carapace-blessée et Demie-tortue-complètement hors d'usage repartent en rigolant de la poisse qui continue de s'accumuler....

Pour ceux qui ne peuvent pas lire la vidéo, Célie était la plus en forme de nous 3, l'élément clé avec le téléphone, l'argent et....elle connaissait le coin. Nous, nous avions....plus de jambes, plus de souffle, mais l'eau, la nourriture et des vêtements chauds et imperméables, qui nous ont été fort utiles pour nos dernières heures.....
Arrivées enfin sur le parking, après....je ne saurais dire combien de temps...toujours pas de Célie..... Argh! Bon, elle a du aller un peu plus bas pour demander des renseignements quant à notre évacuation, on descend la route, du goudron!!! Ha quel bonheur, plus de marches, plus de rochers, une surface plane en descente, j'ai toujours aussi mal mais je n'ai plus à faire attention où je mets mes pieds....
On arrive à un autre parking....pas de Célie.... Et le pire c'est qu'on ne sait pas retourner chez elle....Tant pis, on rentre à Saint-Denis, chez Antoine et Fanny, et on essaiera de l'appeler depuis chez eux....
Le retour sur Saint-Denis s'est bien passé, en voiture, grâce à un électricien qui avait fait quelques travaux pour quelqu'un dans Mafate, et avec lequel nous avions sympathisé sur le parking.
Nous avons pu avoir Célie au téléphone plus tard, elle de son côté nous avait attendu sur le parking mais nous avions été trop longues à arriver (comment ça?) et elle a pensé que nous avions été amenées ailleurs. Après discussion avec un groupe de randonneurs, elle est repartie avec eux....
Tout est bien qui finit bien!!!! On gardera tout de même un bon souvenir de cette rando, on en rigole maintenant même s'il est vrai que nous aurions pu avoir de sérieux problèmes... On a décidé de décerner à Célie son Premier Yack en tant que guide...
Pour le reste des vacances, ben finalement ça sera plage et plage...et surtout pas trop loin à marcher.... on se déplaçait en bus ...
Une fois j'ai failli être coincée par la porte arrière d'un bus, je ne descendais pas assez vite...
"Attendez, monsieur!", criera Célie
Maelle, morte de rire sur le trottoir, et moi m'appliquant autant que possible pour descendre aussi vite que je pouvais en évitant de me faire trop mal...


Les photos à la plage, ça se passe de commentaires, surtout quand on délire....



Merci Maelle, pour ton soutien, ton humour et ton esprit,
Merci Fanny et Antoine, pour votre accueil,
Merci Célie pour avoir tout enduré en tant que guide et pour ton accueil,
J'ai passé de très bonnes vacances !
Merci Fanny et Antoine, pour votre accueil,
Merci Célie pour avoir tout enduré en tant que guide et pour ton accueil,
J'ai passé de très bonnes vacances !



1 commentaire:
lol, oui c'est assez bien résumé, quelle histoire, on devrait faire 1 film ^^ Je suis encore désolée de vous avoir embarqué dans cette galère !!
Oh, je tiens quand même à rajouter un élément à la fin de l'histoire :) J'ai fini par rentrer avec le groupe de joyeux randonneurs après avoir laissé 1 message sur le portable du pilote, disant qu'il rajoute le prix de son gite sur ma note s'il ne pouvait pas vous emmener avant le lendemain, et en lui donnant le numéro de Willy pour qu'il vienne vous chercher si le brouillard finissait par se dégager dans l'aprèm et qu'il vous remontait !
C'est seulement + tard que j'ai su que cet abruti vous avait déposé en plein milieu de la plaine des tamarins sans vous prévenir de quoi que ce soit... pffff
Si j'avais su, je serais descendue vous chercher au lieu d'attendre bêtement presque 3h là haut pour voir si le brouillard aller se lever O_o
Breeeef, la fin de la rando était à la hauteur du reste ! lol
bisous, et merci pour ton humour et ton courage :)
Enregistrer un commentaire