Depuis mon retour à Mada, la vie a été un peu perturbée. A cause la "crise", nous pouvions nous voir difficilement entre copains. Un couvre feu a été instauré fin janvier et levé le 21 mars. Entre temps nous avions pris des parades, en reintronisant les soirées pyjama comme soirées tendances!
Depuis environ une semaine c'est calme, mais auparavant nous avons eu droit aux barrages-racket, tirs dans la ville, gaz lacrimogènes, nous avons réduit nos déplacements, rentrant tôt, évitant les affrontements, les voitures qui brûlent et les bennes à ordures renversées au milieu de la route.
Dans ce climat bien tendu, Aurélien, mon "Chef" (il "adore" qu'on l'appelle comme ça...) me dit qu'il faudrait que je pense à prendre des congés, pour éviter de trop en cumuler en fin d'année. Pfff....bon ok.... ça ne m'enchante guère de prendre des congés dans cette ambiance. Même si nous étions parfois cloitrés chez nous pendant tout un week end, je préférais rester, des fois qu'une soirée pyjama s'improvise au dernier moment. Bref, je pose des dates... enfin...Aurélien m'aide à me décider sur mes dates...Pfff...t'es vraiment sûr? Non mais si je perds des congés c'est pas grave, tu sais! Non? Il faut que je prenne des congés? Bon ok ok... Pfff....qu'est ce que je vais faire? Mada c'est grand et j'ai envie de voir plein de choses mais là tout de suite.... Je me décide pour Diego. Le Nord, la chaleur, bonne idée. Entre temps, échange de mails avec Laetitia, une ancienne collègue, qui me dit "Je débarque avec des amis pour visiter un peu!" Oh cool! Je cale mon départ en fonction de son arrivée, histoire de la voir un peu à Tanà. J'avais pris 2 semaines, une à Tanà, l'autre à Diego. Pour la première semaine, j'ai eu droit à un regain de violence.... Il est 4 heures du matin mardi et je suis réveillée par des tirs dans ma rue, j'ai peur que les pillars ne veuillent rentrer dans toutes les maisons. Je reste discrète dans mon appartement, ne surtout pas attirer l'attention, on ne sait jamais. Des collègues anglais dormaient chez moi, ils devaient rentrer définitivement en Angleterre quelques jours après. Très chaleureux, pour un retour... Jeudi, Laetitia doit arriver. On s'appelle, on se voit "Salut, comment ça va, et le vol, pas trop long?" "Fiou dis donc c'est dépaysant..." Je leur donne les consignes de vigilance, et je m'en vais retrouver les copains pour déjeuner. Début d'après midi, je vais prudemment vers le centre, j'avais quelques achats à faire. Chouette, plein de monde, bain de foule, comme si de rien n'était. Ca a éclaté un peu plus haut. Encore. Les gens se mettent à courir, j'observe, pas de menace directe, c'est plus un mouvement de panique. Je me fais la plus discrète possible (vazaha au milieu des malagasy c'est pas évident), je marche vite sans paniquer pour autant. Il faut que je trouve un taxi pour rentrer. J'en vois un, je l'aborde: "Hohatrinona hatrany Ankazotokana?" (Combien pour aller à Ankazotokana ? mon quartier)
"Ankazotokana? Tsisy lalana !" (Pas de chemin!)
Ha...Là ça se complique. Téléphone d'Audrey et Aurélien: "On est sur la route circulaire, il y a des embouteillages monstres, des barrages, des tirs, des voitures en flammes, on va essayer de passer par un autre chemin, soit prudente!" Ok, on ne va pas passer par la route circulaire. Finalement je trouve un taxi débrouillard qui veut bien m'emmener dans mon quartier. J'appelle Laetitia : " Ne sortez pas!!" Ils ont avancé leur départ sur Tamatave, on ne se sera vues que 10 minutes...C'était sympa de te revoir, Laetitia!!
Départ pour Diego
A l'aéroport je suis très en avance, entre la crise et la palme d'or de la nullité- je m'en foutiste-incompétente qu'est la compagnie aérienne avec laquelle je voyageais (non ce n'est pas Air Chance...), j'ai préféré prendre des précautions (sérieusement,c'est catastrophique...). Je monte dans l'avion, ça sent bon les vacances... On arrive sur Diego, le Commandant de Bord nous dit: "Vous pourrez bientôt voir sur la gauche le Pain de Sucre". En fait il aurait du dire, "Vous pourrez entre deux bourrasques essayer de voir sur votre gauche le Pain de Sucre". On atterrit. "Bonjour, tonga soa any Diego Suarez, la température extérieure est de 31°C"....
Diego est une ville qui a gardé beaucoup de traces de la colonisation. Petit tour de la ville et de ses environs...mais avant, petit précision, je ne suis pas devenue une experte en faune et flore, ça se saurait, c'est le guide avec lequel j'ai fait les excursions qui m'a appris beaucoup de choses, et en élève appliquée je faisais mes "devoirs de vacances", notant un max de choses dans un petit cahier....j'avais l'impression que les couettes repoussaient...
Baobab Adansonia Suarezensis
Quartz
Caméléon ou Pardalis Fulsifer pour les connaisseurs
Gecko mâle
(comment distinguer le mâle de la femelle? La femelle est moins jolie, il parait)


La terre a été arrosée d'eau et les zébus la piétinent pour la rendre plus maléable à travailler
Le Pain de Sucre
Cet ilôt est sacré. Personne ne peut y aller. Les âmes des ancêtres s'y reposent.
Un Cardinal ou Fody en malagasy
Forêt de raphias
Je n'en avais jamais vu en vrai, du moins j'en avais peut être vu mais sans savoir. Ces arbres servent pour la construction des maisons, que ce soit pour le toit ou les cloisons, ou même certains poteaux de support
Raphias
Le nom scientifique est Tutonia mais je préfère le nom malagasy, Dokotera Kely, petit docteur. Les malagasy s'en servent beaucoup pour soigner toutes sortes de maladies
A Diego, il reste de belles demeures relativement bien entretenues
L'ancien Hôtel de la Marine
Première pensée : ça flotte, ça ?
Un bout du port de Diego
Je suis partie me balader en ville le dernier jour et j'ai photographié des anciennes maisons coloniales, qu'elles soient encore en état...
... ou délabrées...
Un des casinos, tenue correcte exigée... un short et un tee shirt propres en l'occurence
Cette bâtisse abrite une banque
Je vous laisse lire, moi j'adore....
La Paositra Malagasy! D'accord le courrier met bôooooooooooocoup de temp à arriver, mais au moins, le bâtiment est neuf
L'hôtel de ville
A Diego les taxis sont à 95% des 4L jaune numérotées. La peinture est fournie par la mairie
Comme son nom l'indique, c'est LE bloc administratif. Tout ce qui concerne l'administratif de la ville, c'est là. Au moins ça évite de se balader de bâtiments en bâtiments.

Une rue d'un quartier populaire, non loin du marché. Je n'ai pas pu prendre beaucoup de photos du marché, trop de monde
Si vous cherchez des pneus... 65000 Fmg = 5,20 Euros

Le fait de construire sa maison en tôle est un signe de richesse, en attendant de pouvoir s'offrir des parpaing. 3000Ar le parpaing, soit 1.20 euros environ, sachant que 70% des malagasy vivent avec moins d'un dollar par jour...
Je suis arrivée au marché par ce côté, le stand de charbon
Les noix de coco
A Diego aussi la publicité est murale

Le cimetière militaire de Diego, guerre de 39-45
Disciple, Sagesse, Réussite....
Regardez bien avec quoi jouent ces enfants, et pensez-y la prochaine fois que vous repeindrez votre intérieur !
La mer d'Emeraude
Premier jour de vacances, destination la Mer d'Emeraude !!
Nous partons de bonne heure pour prendre un bateau à Ramena. Il est 7h du matin et il fait déjà chaud! Je monte à bord d’un bateau en bois, en compagnie de mon guide, de Paulain et Joel qui s’occupent de la barre, et Elodie, la cuisinière. Il y a beaucoup de vent et nous avançons rapidement. Je prends bien sûr beaucoup de photos de l’eau et de ce qui m’entoure. Je sais, la mer c’est la mer, mais quand on est en vacances, c’est toujours l’extase. Après un peu plus d’une heure nous débarquons sur une magnifique plage, il n’y a personne, que les vagues, le soleil, le sable pur, mes compères malagasy. Le vent est un peu fort mais ne fouette pas, c’est agréable d’avoir un peu de frais. Sans vent j’aurais cuit tout de suite.









Elodie préparant le crabe pour le repas de midi

Résultat de la pèche de Paulain et Joel: Capitaines, Perroquets, Rougets
Avec des crudités et du riz au coco, je me régale !!


Après une petite journée très agréable (euphémisme...), nous revenons à Ramena. Il y a plein de petites gargotes en bord de plage. Menu quasi unique: Riz et poisson grillé, crudités et bananes. Mais c'est tellement bon !!

Les 3 baies
En route pour aller aux 3 baies nous nous sommes arrêtés pour admirer ce Baobab Adansonia Madagascariensis. Ce baobab produit quelques fruits comestibles riches en vitamines C et B1. Le lémurien ne mange pas de ce fruit, trop dur à casser
Je découvre successivement les 3 baies, chacune plus belle que la précédente.
La première baie, la baie de Sakalava

La deuxième, la baie des Dunes, mène sur la baie des Pigeons. J’avais l’impression de visiter un aquarium, entre le corail, les poissons, les crabes qui se baladaient sur les rochers…












J’ai passé la matinée à m’émerveiller de ce que je voyais, me disant que je resterais bien là quelque temps. C’est calme, reposant





Les vestiges du temps : Fortifications du Cap Minet


Il y a eu plusieurs vagues successives de prise de Diego par les allemands et les Alliés. Joffre y installe des canons et des fortifications dont il reste quelques vestiges, puis les anglais désireux d’enlever le pouvoir à Joffre attaquent Diego. Par la suite les anglais ne voient aucun intérêt à garder un pied à terre à Madagascar et rendent la Baie au Général de Gaulle.



Le camp militaire est toujours utilisé à ce jour

Nous sommes allés manger dans une gargotte, chez Juliette, qui nous a préparé du poisson grillé, bien sûr, et un riz coco divin. Une des filles du village m’a autorisée à la photographier. Les malgaches de la campagne ont souvent sur le visage des masques de beauté faits à partir de plantes. Ce jour là elle avait décidé de décorer son masque de beauté.
Joffreville - la montagne d'Ambre

Joffreville, là où beaucoup de réunionais habitèrent dans les années 50-60. A l'époque il y avait de l'électricité. Plus maintenant. Les réunionais appréciaient beaucoup cette ville car elle se situe en hauteur, et est donc plus fraîche que la ville de Diego même.


La Paositra Malagasy, toujours en activité
Nous sommes allés au parc de la montagne d'Ambre. Il n'y a pas d'Ambre dans cette montagne, ce sont les reflets au coucher du soleil qui donnent une couleur ambre à la forêt.

Le plus petit caméléon du monde
Fougère nid d'oiseau
Le guide avec qui j'étais à ce moment là me dit que cette liane est très solide et qu'elle peut servir de balançoire. "Les lémuriens doivent s'en donner coeur joie!" lui dis-je. "Oui, mais les homo sapiens aussi"

Ce superbe arbre est en train de se faire étouffer-pomper-vider par un ficus
Saleté va!

Cherchez le crapeau..
Oh c'est accueillant ça !
Bienvenue à la montagne d'Ambre, sa faune, sa flore, ses lianes-potence..
Chute d'eau sacrée. On y vient pour faire un voeu, on fait des offrandes, et si nous sommes chanceux, les esprits nous écoutent. C'est fady (=tabou) de s'y baigner.
Emblème de la montagne d'Ambre, le merle de roche
Regardez attentivement, vous verrez des cornes de zébu qui ont été prises dans les branchages. Il est fady de jeter par terre les cornes de zébu après un sacrifice, donc les cornes ont été posées successivement et au fil du temps les cornes sont devenues parties intégrantes de l'arbre. L'histoire ne dit pas s'il y pousse des zébus ensuite....
Cette plante appelée Katty est machée par les malagasy du Nord tout au long de la journée. On pourrait croire à une rage de dents magnifique quand on voit leurs joues gonflées, mais non.... Cette plante est prise comme drogue douce et à haute dose empêche de dormir.

La réserve de l'Antakarana
Sur la route, nous croisons des Papango
Nous avons passé le lit de cette rivière sans aucun problème, c'était complètement sec. Par contre en saison des pluies le niveau peut monter de plusieurs mètres, durant cette période visiter la réserve relève du défi... si toutefois le parc est ouvert.
Cet arbre est appelé entre autre "Arbre vazaha" car il "pèle comme un vazaha qui a trop pris le soleil"


Les Ankarana
Il y a longtemps (vers 1800), le roi Andrianampoinimerina voulu conquerir tout Madagascar et établir sa tribu comme seule tribu de Madagascar, les Merina.
La tribu des Sakalava fuit au Nord et se réfugie dans des grottes. Ils ont traversé sur la pointe des pieds ce qu'on appelle les Tsingys. Ces roches ont été nommées ainsi à partir du mot "mitsingytsingy", qui signifie "marcher sur la pointe des pieds". Les Merina ont voulu les poursuivre mais sont morts dans ces "champs" de roches pointues. Suite à cet épisode historique, les Sakalava ont été rebaptisés les Ankarana, ceux qui viennent de la montagne, et leur langue, le Tsingy. Encore aujourd'hui il est fady pour les descendants des Merina de venir visiter les sites des Antakarana






Sur la route du retour des Antakaranas, Ambrondronmihefi, village des saphirs. Actuellement de village fait figure de village fantôme, car toutes les carrières ont été épuisées et les hommes sont partis beaucoup plus loin pour essayer d'en trouver.

Le Lac Sacré
Un jour un voyageur malagasy est venu au village d' Antagnavo demander de l'eau. Personne ne lui en donne. Il aborde alors une femme de ce même village qui elle, accepte de l'aider et lui donne de quoi se désaltérer. Il lui dit alors de partir du village avec son fils malade, "Je vais rendre à ce village toute l'eau qu'ils n'ont pas voulu me donner". Le voyageur, qui est magicien, enfouit le village sous les eaux et tranforme les habitants en crocodiles. Encore aujourd'hui les malagasy vont à ce lac sacré pour demander aux esprits des faveurs. Ils se mettent dans une case dans l'enceinte du bord du lac, les femmes portent des lambahony (pareo malagasy) et les hommes des kitampy (idem). Ils vont dans la case pour boire du rhum, fumer des cigarettes et parlent aux esprits du lac. Quand la faveur demandée est exaucée, une cérémonie de remerciements a lieu: on invite tout le village, la famille, les amis, et on sacrifie un zebu. Le doyen du village fait le discours de remerciements, suivent ensuite des danses. Cette légende est prise très au sérieux et est très respectée. J'aurais pu assister à une cérémonie de remerciements si je n'avais pas du rentrer sur Tanà. Le jour où j'y suis allée, le guide a lancé des morceaux de viande pour attirer les crocos, ils ont regardé les morceaux sans grand intérêt, mais à partir du moment où il y a eu de la musique, les crocos sont sortis de l'eau et sont venus les manger....

Les Tsingy Rouge

Ceci est une plante sensitive. Dès qu'on la touche les feuilles se referment complètement
C'est quoi? comment ça se forme?
Si j'ai bien tout compris:
La pluie s'infiltrant dans les différentes couches de terre "sculpte" les tsingys. La terre s'écroulant autour, cela révèle la forme des tsingys qui seront plus ou moins rouges selon la composition du sol, plus de sable, ou plus d'argile.... C'est fragile, très facilement friable.






Finalement partir en vacances a été une très bonne idée! J'ai passé une superbe semaine à Diego, je recommande !!!
Vita ny fialan-tsasatra, il a fallu reprendre le travail. Adieu sable blanc, mer turquoise, poisson grillé, chaleur, paysages grandioses....Le côté positif de la reprise du travail, c'est que le week end, on retrouve les copains ! Les copains, mon prochain sujet....Aminy manaraka !
Depuis environ une semaine c'est calme, mais auparavant nous avons eu droit aux barrages-racket, tirs dans la ville, gaz lacrimogènes, nous avons réduit nos déplacements, rentrant tôt, évitant les affrontements, les voitures qui brûlent et les bennes à ordures renversées au milieu de la route.
Dans ce climat bien tendu, Aurélien, mon "Chef" (il "adore" qu'on l'appelle comme ça...) me dit qu'il faudrait que je pense à prendre des congés, pour éviter de trop en cumuler en fin d'année. Pfff....bon ok.... ça ne m'enchante guère de prendre des congés dans cette ambiance. Même si nous étions parfois cloitrés chez nous pendant tout un week end, je préférais rester, des fois qu'une soirée pyjama s'improvise au dernier moment. Bref, je pose des dates... enfin...Aurélien m'aide à me décider sur mes dates...Pfff...t'es vraiment sûr? Non mais si je perds des congés c'est pas grave, tu sais! Non? Il faut que je prenne des congés? Bon ok ok... Pfff....qu'est ce que je vais faire? Mada c'est grand et j'ai envie de voir plein de choses mais là tout de suite.... Je me décide pour Diego. Le Nord, la chaleur, bonne idée. Entre temps, échange de mails avec Laetitia, une ancienne collègue, qui me dit "Je débarque avec des amis pour visiter un peu!" Oh cool! Je cale mon départ en fonction de son arrivée, histoire de la voir un peu à Tanà. J'avais pris 2 semaines, une à Tanà, l'autre à Diego. Pour la première semaine, j'ai eu droit à un regain de violence.... Il est 4 heures du matin mardi et je suis réveillée par des tirs dans ma rue, j'ai peur que les pillars ne veuillent rentrer dans toutes les maisons. Je reste discrète dans mon appartement, ne surtout pas attirer l'attention, on ne sait jamais. Des collègues anglais dormaient chez moi, ils devaient rentrer définitivement en Angleterre quelques jours après. Très chaleureux, pour un retour... Jeudi, Laetitia doit arriver. On s'appelle, on se voit "Salut, comment ça va, et le vol, pas trop long?" "Fiou dis donc c'est dépaysant..." Je leur donne les consignes de vigilance, et je m'en vais retrouver les copains pour déjeuner. Début d'après midi, je vais prudemment vers le centre, j'avais quelques achats à faire. Chouette, plein de monde, bain de foule, comme si de rien n'était. Ca a éclaté un peu plus haut. Encore. Les gens se mettent à courir, j'observe, pas de menace directe, c'est plus un mouvement de panique. Je me fais la plus discrète possible (vazaha au milieu des malagasy c'est pas évident), je marche vite sans paniquer pour autant. Il faut que je trouve un taxi pour rentrer. J'en vois un, je l'aborde: "Hohatrinona hatrany Ankazotokana?" (Combien pour aller à Ankazotokana ? mon quartier)
"Ankazotokana? Tsisy lalana !" (Pas de chemin!)
Ha...Là ça se complique. Téléphone d'Audrey et Aurélien: "On est sur la route circulaire, il y a des embouteillages monstres, des barrages, des tirs, des voitures en flammes, on va essayer de passer par un autre chemin, soit prudente!" Ok, on ne va pas passer par la route circulaire. Finalement je trouve un taxi débrouillard qui veut bien m'emmener dans mon quartier. J'appelle Laetitia : " Ne sortez pas!!" Ils ont avancé leur départ sur Tamatave, on ne se sera vues que 10 minutes...C'était sympa de te revoir, Laetitia!!
Départ pour Diego
A l'aéroport je suis très en avance, entre la crise et la palme d'or de la nullité- je m'en foutiste-incompétente qu'est la compagnie aérienne avec laquelle je voyageais (non ce n'est pas Air Chance...), j'ai préféré prendre des précautions (sérieusement,c'est catastrophique...). Je monte dans l'avion, ça sent bon les vacances... On arrive sur Diego, le Commandant de Bord nous dit: "Vous pourrez bientôt voir sur la gauche le Pain de Sucre". En fait il aurait du dire, "Vous pourrez entre deux bourrasques essayer de voir sur votre gauche le Pain de Sucre". On atterrit. "Bonjour, tonga soa any Diego Suarez, la température extérieure est de 31°C"....
Diego est une ville qui a gardé beaucoup de traces de la colonisation. Petit tour de la ville et de ses environs...mais avant, petit précision, je ne suis pas devenue une experte en faune et flore, ça se saurait, c'est le guide avec lequel j'ai fait les excursions qui m'a appris beaucoup de choses, et en élève appliquée je faisais mes "devoirs de vacances", notant un max de choses dans un petit cahier....j'avais l'impression que les couettes repoussaient...
Baobab Adansonia Suarezensis
Quartz
Caméléon ou Pardalis Fulsifer pour les connaisseurs
Gecko mâle(comment distinguer le mâle de la femelle? La femelle est moins jolie, il parait)


La terre a été arrosée d'eau et les zébus la piétinent pour la rendre plus maléable à travailler
Le Pain de SucreCet ilôt est sacré. Personne ne peut y aller. Les âmes des ancêtres s'y reposent.
Un Cardinal ou Fody en malagasy
Forêt de raphiasJe n'en avais jamais vu en vrai, du moins j'en avais peut être vu mais sans savoir. Ces arbres servent pour la construction des maisons, que ce soit pour le toit ou les cloisons, ou même certains poteaux de support
Raphias
Le nom scientifique est Tutonia mais je préfère le nom malagasy, Dokotera Kely, petit docteur. Les malagasy s'en servent beaucoup pour soigner toutes sortes de maladies
A Diego, il reste de belles demeures relativement bien entretenues
L'ancien Hôtel de la Marine
Première pensée : ça flotte, ça ?
Un bout du port de Diego
Je suis partie me balader en ville le dernier jour et j'ai photographié des anciennes maisons coloniales, qu'elles soient encore en état...
... ou délabrées...
Un des casinos, tenue correcte exigée... un short et un tee shirt propres en l'occurence
Cette bâtisse abrite une banque
Je vous laisse lire, moi j'adore....
La Paositra Malagasy! D'accord le courrier met bôooooooooooocoup de temp à arriver, mais au moins, le bâtiment est neuf
L'hôtel de ville
A Diego les taxis sont à 95% des 4L jaune numérotées. La peinture est fournie par la mairie
Comme son nom l'indique, c'est LE bloc administratif. Tout ce qui concerne l'administratif de la ville, c'est là. Au moins ça évite de se balader de bâtiments en bâtiments.
Une rue d'un quartier populaire, non loin du marché. Je n'ai pas pu prendre beaucoup de photos du marché, trop de monde
Si vous cherchez des pneus... 65000 Fmg = 5,20 Euros
Le fait de construire sa maison en tôle est un signe de richesse, en attendant de pouvoir s'offrir des parpaing. 3000Ar le parpaing, soit 1.20 euros environ, sachant que 70% des malagasy vivent avec moins d'un dollar par jour...
Je suis arrivée au marché par ce côté, le stand de charbon
Les noix de coco
A Diego aussi la publicité est murale
Le cimetière militaire de Diego, guerre de 39-45
Disciple, Sagesse, Réussite....
Regardez bien avec quoi jouent ces enfants, et pensez-y la prochaine fois que vous repeindrez votre intérieur !La mer d'Emeraude
Premier jour de vacances, destination la Mer d'Emeraude !!
Nous partons de bonne heure pour prendre un bateau à Ramena. Il est 7h du matin et il fait déjà chaud! Je monte à bord d’un bateau en bois, en compagnie de mon guide, de Paulain et Joel qui s’occupent de la barre, et Elodie, la cuisinière. Il y a beaucoup de vent et nous avançons rapidement. Je prends bien sûr beaucoup de photos de l’eau et de ce qui m’entoure. Je sais, la mer c’est la mer, mais quand on est en vacances, c’est toujours l’extase. Après un peu plus d’une heure nous débarquons sur une magnifique plage, il n’y a personne, que les vagues, le soleil, le sable pur, mes compères malagasy. Le vent est un peu fort mais ne fouette pas, c’est agréable d’avoir un peu de frais. Sans vent j’aurais cuit tout de suite.









Elodie préparant le crabe pour le repas de midi
Résultat de la pèche de Paulain et Joel: Capitaines, Perroquets, Rougets
Avec des crudités et du riz au coco, je me régale !!

Après une petite journée très agréable (euphémisme...), nous revenons à Ramena. Il y a plein de petites gargotes en bord de plage. Menu quasi unique: Riz et poisson grillé, crudités et bananes. Mais c'est tellement bon !!
Les 3 baies
En route pour aller aux 3 baies nous nous sommes arrêtés pour admirer ce Baobab Adansonia Madagascariensis. Ce baobab produit quelques fruits comestibles riches en vitamines C et B1. Le lémurien ne mange pas de ce fruit, trop dur à casserJe découvre successivement les 3 baies, chacune plus belle que la précédente.
La première baie, la baie de Sakalava
La deuxième, la baie des Dunes, mène sur la baie des Pigeons. J’avais l’impression de visiter un aquarium, entre le corail, les poissons, les crabes qui se baladaient sur les rochers…











J’ai passé la matinée à m’émerveiller de ce que je voyais, me disant que je resterais bien là quelque temps. C’est calme, reposant





Les vestiges du temps : Fortifications du Cap Minet


Il y a eu plusieurs vagues successives de prise de Diego par les allemands et les Alliés. Joffre y installe des canons et des fortifications dont il reste quelques vestiges, puis les anglais désireux d’enlever le pouvoir à Joffre attaquent Diego. Par la suite les anglais ne voient aucun intérêt à garder un pied à terre à Madagascar et rendent la Baie au Général de Gaulle.



Le camp militaire est toujours utilisé à ce jour

Nous sommes allés manger dans une gargotte, chez Juliette, qui nous a préparé du poisson grillé, bien sûr, et un riz coco divin. Une des filles du village m’a autorisée à la photographier. Les malgaches de la campagne ont souvent sur le visage des masques de beauté faits à partir de plantes. Ce jour là elle avait décidé de décorer son masque de beauté.Joffreville - la montagne d'Ambre

Joffreville, là où beaucoup de réunionais habitèrent dans les années 50-60. A l'époque il y avait de l'électricité. Plus maintenant. Les réunionais appréciaient beaucoup cette ville car elle se situe en hauteur, et est donc plus fraîche que la ville de Diego même.


La Paositra Malagasy, toujours en activitéNous sommes allés au parc de la montagne d'Ambre. Il n'y a pas d'Ambre dans cette montagne, ce sont les reflets au coucher du soleil qui donnent une couleur ambre à la forêt.

Le plus petit caméléon du monde
Fougère nid d'oiseau
Le guide avec qui j'étais à ce moment là me dit que cette liane est très solide et qu'elle peut servir de balançoire. "Les lémuriens doivent s'en donner coeur joie!" lui dis-je. "Oui, mais les homo sapiens aussi" 
Ce superbe arbre est en train de se faire étouffer-pomper-vider par un ficusSaleté va!

Cherchez le crapeau..
Oh c'est accueillant ça !Bienvenue à la montagne d'Ambre, sa faune, sa flore, ses lianes-potence..
Chute d'eau sacrée. On y vient pour faire un voeu, on fait des offrandes, et si nous sommes chanceux, les esprits nous écoutent. C'est fady (=tabou) de s'y baigner.
Emblème de la montagne d'Ambre, le merle de roche
Regardez attentivement, vous verrez des cornes de zébu qui ont été prises dans les branchages. Il est fady de jeter par terre les cornes de zébu après un sacrifice, donc les cornes ont été posées successivement et au fil du temps les cornes sont devenues parties intégrantes de l'arbre. L'histoire ne dit pas s'il y pousse des zébus ensuite....
Cette plante appelée Katty est machée par les malagasy du Nord tout au long de la journée. On pourrait croire à une rage de dents magnifique quand on voit leurs joues gonflées, mais non.... Cette plante est prise comme drogue douce et à haute dose empêche de dormir.
La réserve de l'Antakarana
Sur la route, nous croisons des Papango
Nous avons passé le lit de cette rivière sans aucun problème, c'était complètement sec. Par contre en saison des pluies le niveau peut monter de plusieurs mètres, durant cette période visiter la réserve relève du défi... si toutefois le parc est ouvert.
Cet arbre est appelé entre autre "Arbre vazaha" car il "pèle comme un vazaha qui a trop pris le soleil"

Les Ankarana
Il y a longtemps (vers 1800), le roi Andrianampoinimerina voulu conquerir tout Madagascar et établir sa tribu comme seule tribu de Madagascar, les Merina.
La tribu des Sakalava fuit au Nord et se réfugie dans des grottes. Ils ont traversé sur la pointe des pieds ce qu'on appelle les Tsingys. Ces roches ont été nommées ainsi à partir du mot "mitsingytsingy", qui signifie "marcher sur la pointe des pieds". Les Merina ont voulu les poursuivre mais sont morts dans ces "champs" de roches pointues. Suite à cet épisode historique, les Sakalava ont été rebaptisés les Ankarana, ceux qui viennent de la montagne, et leur langue, le Tsingy. Encore aujourd'hui il est fady pour les descendants des Merina de venir visiter les sites des Antakarana






Sur la route du retour des Antakaranas, Ambrondronmihefi, village des saphirs. Actuellement de village fait figure de village fantôme, car toutes les carrières ont été épuisées et les hommes sont partis beaucoup plus loin pour essayer d'en trouver.
Le Lac Sacré
Un jour un voyageur malagasy est venu au village d' Antagnavo demander de l'eau. Personne ne lui en donne. Il aborde alors une femme de ce même village qui elle, accepte de l'aider et lui donne de quoi se désaltérer. Il lui dit alors de partir du village avec son fils malade, "Je vais rendre à ce village toute l'eau qu'ils n'ont pas voulu me donner". Le voyageur, qui est magicien, enfouit le village sous les eaux et tranforme les habitants en crocodiles. Encore aujourd'hui les malagasy vont à ce lac sacré pour demander aux esprits des faveurs. Ils se mettent dans une case dans l'enceinte du bord du lac, les femmes portent des lambahony (pareo malagasy) et les hommes des kitampy (idem). Ils vont dans la case pour boire du rhum, fumer des cigarettes et parlent aux esprits du lac. Quand la faveur demandée est exaucée, une cérémonie de remerciements a lieu: on invite tout le village, la famille, les amis, et on sacrifie un zebu. Le doyen du village fait le discours de remerciements, suivent ensuite des danses. Cette légende est prise très au sérieux et est très respectée. J'aurais pu assister à une cérémonie de remerciements si je n'avais pas du rentrer sur Tanà. Le jour où j'y suis allée, le guide a lancé des morceaux de viande pour attirer les crocos, ils ont regardé les morceaux sans grand intérêt, mais à partir du moment où il y a eu de la musique, les crocos sont sortis de l'eau et sont venus les manger....
Les Tsingy Rouge

Ceci est une plante sensitive. Dès qu'on la touche les feuilles se referment complètement
C'est quoi? comment ça se forme?Si j'ai bien tout compris:
La pluie s'infiltrant dans les différentes couches de terre "sculpte" les tsingys. La terre s'écroulant autour, cela révèle la forme des tsingys qui seront plus ou moins rouges selon la composition du sol, plus de sable, ou plus d'argile.... C'est fragile, très facilement friable.






Finalement partir en vacances a été une très bonne idée! J'ai passé une superbe semaine à Diego, je recommande !!!
Vita ny fialan-tsasatra, il a fallu reprendre le travail. Adieu sable blanc, mer turquoise, poisson grillé, chaleur, paysages grandioses....Le côté positif de la reprise du travail, c'est que le week end, on retrouve les copains ! Les copains, mon prochain sujet....Aminy manaraka !
1 commentaire:
Magnifiques les photos! Ca fait envie les vacances... vivement notre tour! :-)
Enregistrer un commentaire