Au fur et à mesure que les jours passent je découvre avec plaisir et fascination Tana. Oui je travaille entre deux excursions, je vous vois venir les mauvaises langues...La capitale de l'île rouge s'étend sur plusieurs collines et il est difficile d'en voir les limites, l'horizon ne pouvant même la délimiter.
Une des première chose qui m'a frappée, c’est la conduite malgache…pas de feu de signalisation, panneaux directionnels quasi inexistants et klaxon obligatoire. Un coup de klaxon et tu doubles. ..
Beaucoup de rues sont en sens unique, mais ce n’est pas toujours indiqué…tu dois savoir où tu vas et quel chemin prendre…
Le lendemain de notre arrivée nous sommes allées nous promener sur l’Avenue de l’Indépendance et sur Analakely, l’un des nombreux quartiers marchands de Tana. Nous avons eu droit à un grand bain de foule, prenez la période des soldes dans les grandes villes et vous aurez une idée de la concentration…
A Tana, s’il n’y a pas de feu de signalisation il n’y a pas ou peu de passages piétons. De toute façon ils ne serviraient à rien, chacun traverse où il a envie en prenant garde de ne pas se faire écraser par les voitures. On ne roule pas tellement vite dans Tana car il y a toujours beaucoup de monde partout, et aussi à cause des embouteillages. Bien souvent un policier en uniforme fait la circulation à un carrefour, mais j'en suis venue à me demander si entre eux ces agents ne s'amusent pas à créer le plus gros embouteillage possible... Je les vois bien le soir rentrer au poste et se raconter en rigolant les km de bouchons créés dans la journée et enregistrer leurs records sur un tableau blanc accroché dans un vestiaire.
Dans la rue plusieurs vendeurs ambulants t'approchent pour te fournir de la vanille, des ceintures, des cigarettes, des cartes postales faites main, et sur le trottoir tu évites de marcher sur les étals des autres vendeurs qui eux te proposent des élastiques à cheveux, des chaussures, des assiettes, des pinces à linge, des tampons à encre aux motifs que tu veux, et que tu peux dessiner et commander ! Il y a aussi les stands de recharges téléphoniques, stands où tu peux aussi passer des appels locaux moyennant quelques centaines d’Ariary. Voilà le tableau: tu plantes un tabouret, une pseudo table, un téléphone sans fil, un parasol et tu as un stand de téléphonie…
Il y a aussi ceux qui vendent des morceaux de fromage, des yaourts maison, des morceaux d’ananas coupés, des boulettes de viande, des morceaux de viande séchée, des beignets…il va de soi qu’aucun de ces stands n’est réfrigéré…A proscrire donc quand tu n’es pas malgache.
A Analakely, on trouve aussi ce qu’on appelle les pavillons. Ce sont de petites « maisons » couvertes entre lesquelles tu déambules pour trouver ce que tu cherches, soit des vêtements, des chaussures, produits de beauté à prix exorbitants (nivea fait partie des marques de luxe), et d’autres, à trois fois rien. Des paniers en raphia de couleur, des objets de décoration, des robes de mariées, des sous-vêtements, c’est un peu le souk malgache. Dans les pavillons on trouve aussi de la viande, de la charcuterie, du poulet, du fromage, du poisson, toujours pas réfrigérés, des stylos vendus à l’unité, des blocs de papier, tout ce qui est utile pour le bureau. Sur un autre bord il y a le marché aux fruits et légumes, et riz, épices…là tu achètes des légumes frais pour quelques centaines d'Ariary, concombres qui sont petits, tomates, petits citrons, carottes, haricots…Et au milieu de toute cette foule il y a les taxis qui t’interpellent : « taxi, Vazaha ? »
Vazaha signifie le blanc, l’étranger.
Quand tu traverses tout ça évidemment tu es abordé par tous les types de vendeurs, il y a l’odeur des pots d’échappement, l’odeur d’urine, les voitures, la foule, les mendiants, la musique hurlante de certains magasins, et les taxis Be…J’y reviens plus tard. Quand tu es en voiture et que tu réussis à t’extirper de tout cela, ben tu tombes sur les embouteillages, et les agents de police aux carrefours.....
Là de nouveau les vendeurs viennent frapper à ta fenêtre te proposer cette fois des serviettes de toilette, torchons, lunettes de soleil, articles de massage, prises multiples, et les mendiants sont aussi présents bien entendu. Jamais agressifs, que ce soit les vendeurs ou les mendiants, ils passent leur chemin au bout de la « cinquième » fois où tu as dit non….
Les rues sont très souvent pavées, et pas entretenues. Il n’est pas rare de voir un trou béant dans le trottoir ou dans la chaussée car quelques pavés manquent. Tu fais attention et tu évites…
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